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fact-checking

Les bruits qui courent et déforment la vérité

FAUX ! Certaines personnes exilées, fatiguées d’être refoulées par les Anglai·e·s, décident finalement de demander une protection ou un titre de séjour en France. Elles renoncent alors à leurs rêves, pour certaines à leur famille exilée en Grande-Bretagne et s’engagent dans un parcours long de régularisation et d’intégration. Souvent, elles ne maîtrisent pas le français. Il leur faut alors apprendre le Français auprès d’une association dédiée ou de volontaires. Combien d’années avant de maîtriser les accords du participe passé ? Une, deux, trois ? Tout le monde est d’accord : l’apprentissage de la langue française, réputée pour être complexe, est un chemin de croix ! Dans une audition devant l’Office français de protection des réfugié·e·s et apatrides (OFPRA), le Diplôme d’étude en langue française (DELF) n’élit pas au droit d’asile.  

 

FAUX ! L’engagement des aidant·e·s est entier, sincère et principalement bénévole à l’exception de quelques salarié·e·s ! Les associations rendent compte de leurs dépenses à leur Conseil d’administration (un·e président·e, un·e secrétaire, un·e trésorier·ère, des membres, etc.). Les bénévoles signent des chartes de bonne conduite. Un sou acquis (dons, cotisations, subventions publiques, mécénat, etc.) est un sou tracé dans les cases d’un tableau Excel qui disent à quoi il a servi. Les associations ont l’obligation de rendre compte auprès des bailleurs de fonds de la traçabilité des fonds reçus. Les aidant·e·s ne se font pas de beurre sur le dos des migrant·e·s. Elles et ils mobilisent autour d’eux/elles pour inciter à adhérer, donner, participer. D’ailleurs, si on y regarde de plus près, ils/elles en sortent même souvent de leur poche ! 

 

FAUX ! La présence nombreuse de personnes exilées à Calais n’est pas la conséquence d’une forte concentration d’associations aidantes. Rappelons-nous : en 1986, sous l’impulsion d’une militante d’Amnesty International, des Calaisien·ne·s se saisissent de la question des personnes exilées refoulées à la frontière britannique, qui se retrouvent à la rue et sans ressource. Les associations sont nées pour répondre à l’urgence qui depuis plus de 30 ans dure et s’installe. Les personnes exilées ne viennent pas à Calais pour profiter d’un accueil pavé de roses ! La ville est la dernière étape avant le passage espéré en Angleterre. Leur souhait : y rester le moins longtemps possible. Ce ne sont pas les associations qui génèrent un « appel d’air » des personnes exilées à Calais mais la proximité de l’Angleterre : tant que les politiques européennes et nationales seront peu accueillantes et que l’on verra les côtes anglaises depuis Calais, il y aura des personnes exilées sur le littoral.